Les aléas de l'appétit

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enfant boude légumes

Ne pas le forcer à manger à tout prix

Les parents débordent d’imagination et d’énergie lorsqu’il s’agit de forcer un enfant à finir le contenu de son assiette. Ils emploient la séduction (" une cuillère pour papa… "), le chantage affectif (" finis ta viande pour faire plaisir à maman ! "), le jeu (" Oh, regarde l’avion qui rentre dans le hangar ! "), la menace (" Mange ta soupe si tu veux être grand et fort ! "). Tout ceci pour un résultat médiocre : une heure à table et quatre petits pois avalés au bout du compte.
De la même façon, le chantage tel que " Si tu finis ton assiette, tu auras des bonbons " est à éviter. Proposer une gratification sous forme de sucreries déplace les motivations : si l’enfant finit son assiette, ce n’est pas parce qu’il a de l’appétit mais parce qu’on lui fait du chantage. De même, la sucrerie n’est pas donnée " pour le plaisir " mais parce que l’enfant " a fait plaisir ".
S’il " faut " manger, si l’enfant doit satisfaire un ordre et non plus une envie, la lutte est inévitable. Obliger un enfant qui n’a pas faim à manger, que ce soit par la force, la séduction ou par la cajolerie, c’est créer un problème. Les injonctions, quelle qu’en soit la justification aux yeux de l’entourage (c’est toujours avec l’idée que c’est bon pour lui) produisent chez l’enfant de la résistance, inconsciente, ou une opposition directe. Or, des insistances trop fortes risquent de bloquer l’enfant encore plus sûrement : la contrainte aboutit presque toujours au conflit et à l’installation de rejets qui n’étaient avant qu’exceptionnels. L’alimentation est un domaine fragile, sur lequel peuvent ensuite se reporter des difficultés qui n’ont rien à voir avec elle.


De la souplesse !

Au fur et à mesure, l’appétit de l’enfant et son rythme alimentaire, vont se stabiliser. En attendant, faire preuve de souplesse est la plus grande sagesse. Attention, souplesse ne signifie pas laxisme : il n’est pas question de démissionner totalement et de laisser l’enfant libre de manger ce qu’il veut et quand il veut. Un équilibre est à trouver, entre forcer et tout accepter, à travers ces quelques conseils :
- Un repas ne doit pas durer des heures. Un enfant immobilisé à table devant son assiette s’énerve rapidement. Au bout de 20 à 25 minutes, il est inutile d’insister. Il mangera mieux la fois suivante.
- Un enfant qui a bien mangé le midi, peut ne pas avoir besoin d’un grand repas le soir.
- Ce que l’enfant a envie de manger varie selon les jours, selon ses humeurs ou selon ses goûts. Il est donc inutile de se braquer.
- Mieux vaut servir de petites quantités de nourriture dans l’assiette. Il est préférable de le resservir plutôt que de le forcer à finir ou de jeter ce qu’il n’aura pas voulu. En outre, une grosse assiette, lorsque l’on a pas très faim peut être décourageante.
- Si votre enfant a refusé de manger sa purée, éviter de compenser aussitôt par un paquet de chips… Il se rattrapera au prochain repas !
- Ne prétextez pas qu’il mange peu pour lui proposer entre les repas des gâteaux et des sucreries, vous rentreriez dans le cercle infernal du grignotage coupant l’appétit aux repas principaux.
- Donnez-lui à manger aux heures habituelles, servez-le en fonction de son appétit, sans le forcer ni le supplier, dans une ambiance détendue et agréable.

 
 

À lire

“ L’appétit ", De Sylviane Bonnot-Matheron, Editions Bayard. De l’allaitement aux conflits autour de la nourriture en passant par le sevrage, ce livre vous apporte des réponses concrètes et précises sur le comportement alimentaire de votre enfant.
 

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