Comprendre et traiter la ménopause

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La ménopause est le lot commun toutes les femmes ; survenant souvent aux alentours de la cinquantaine, elle touche la totalité d’entre nous. Cette étape naturelle fait partie du processus normal de vieillissement. Pourtant, elle est vécue différemment par chacune d’entre nous, comme une période de deuil ou de renouveau. Autrefois qualifiée de “retour d’âge”, longtemps synonyme d’inconfort, la ménopause fait aujourd’hui l’objet d’une prise en charge médicale efficace tout au long de cette période qui représente pour un grand nombre de femmes la moitié de leur vie.
ménopause
Qu’est-ce que la ménopause ?
 
Le terme « ménopause » signifie la fin des menstruations. Ce mot vient du grec mens, mensuel, et pausis, arrêt. En fait, la ménopause indique la fin de la période reproductive chez la femme. À la naissance, les ovules sont déjà tous emmagasinés et c'est à partir de la puberté que les ovaires en libèrent un chaque mois. C'est ce qu'on appelle l'ovulation et environ 500 ovules auront été libérés au cours d'une vie. Vers la cinquantaine, la provision d'ovules arrive à sec, l'ovulation devient plus irrégulière et les règles aussi.
Pour faire court : l’organisme produit moins d’hormones d’œstrogène et de progestérone.  Ouf ! chic plus de règles ! pourraient être tentées de se dire certaines d’entre nous. Attention, n’allons pas trop vite car nous risquons de subir en retour les effets néfastes de la carence hormonale. En effet, l’absence des règles marque aussi l’arrêt définitif des sécrétions hormonales qui jusque-là assuraient l’équilibre subtil du corps féminin. Il va falloir que notre corps trouve son nouvel équilibre et cela ne se fera pas sans douleur.
 
 
À quel âge ?
 
La ménopause marque en gros le mitan de la vie ; l'âge moyen du début de la ménopause est 52 ans, mais celle-ci commence fréquemment entre 42 et 56 ans. La ménopause est un processus qui se déroule sur plusieurs années pendant lesquelles on distingue plusieurs phases : la période pré-ménopausique correspond au moment qui précède l'arrêt de la menstruation. C’est pendant cette période de fluctuation que l’on observe les premiers dérèglements menstruels : flux sanguin plus léger ou plus abondant ; règles plus rapprochées ou espacées. La période péri-ménopausique au moment où la menstruation est imprévisible (elle dure de 5 à 7 ans) et la période post-ménopausique au moment où la ménopause est installée. 
Une femme ayant passé une année complète sans avoir de menstruations est considérée comme ménopausée.
 
 
Quels sont les symptômes ?
 
La diminution de la production d’estrogènes et de progestérones qui est la cause de la ménopause s’accompagne dans la majorité des cas de troubles dits climatériques (le climatère désigne la période des changements endocriniens, physiques et psychologiques qui surviennent à la ménopause). Il s’agit principalement : des bouffées de chaleur, des sueurs, de la fatigue, de la sécheresse vaginale, des troubles du sommeil, des sautes d’humeur, de l’irritabilité, une baisse de la libido. On observe aussi des troubles intestinaux, des démangeaisons cutanées, des douleurs articulaires et même des pertes de mémoire à court terme.
 
Comme aucun test ne permet de diagnostiquer la ménopause, ces symptômes demeurent le meilleur moyen d’en déterminer la manifestation. Ils varient d’une femme à l’autre. Certaines auront envie de pleurer tandis que d’autres seront d’une humeur de dogue. Certaines peuvent manifester peu de symptômes, d'autres de nombreux symptômes modérés ou même graves. Leur durée aussi peut varier de quelques mois à plusieurs années. Les troubles climatériques ne sont pas graves et ne présentent pas de danger pour la santé mais ils peuvent être pénibles et difficiles à supporter. La cause exacte de ce que les médecins nomment symptômes vasomoteurs n’est pas connue mais ils seraient liés aux fluctuations des taux hormonaux. Les symptômes vasomoteurs s'aggravent généralement pendant la périménopause, puis s'atténuent pendant les premières années de la ménopause.
 
Le symptôme le plus souvent associé au début de la ménopause est la survenue de bouffées de chaleur. Très fréquentes, elles empoisonnent la vie de trois femmes sur quatre pendant cette période de leur vie. Elles se traduisent par une brusque sensation de chaleur au niveau de la poitrine, du cou et du visage. Inconfortables, elles durent quelques secondes, ou quelques minutes. Elles sont parfois accompagnées de rougeurs et de sueurs surtout la nuit. Certaines femmes peuvent subir quelques dizaines de bouffées de chaleur par jour.
 
Les problèmes de sommeil, quant à eux, sont susceptibles d’apparaître dès la périménopause. Les difficultés à s'endormir et les réveils fréquents sont souvent liés aux sueurs nocturnes et à l'anxiété qu'engendre cette période de transition. Les troubles du sommeil prolongés, par exemple, peuvent entraîner des changements d’humeur.
 
Du côté de libido, c’est souvent le calme plat. La cause en étant la fluctuation d'hormones qui influence grandement le désir sexuel.
ménopause
En effet, comme les sécrétions vaginales se modifient, chez certaines femmes, la sécheresse vaginale nuit à leur désir sexuel.
Ajoutons à cela les problèmes de prise de poids afférant à la cinquantaine et qui porte souvent atteinte à l’estime de soi. D’autant plus que parallèlement au bouleversement physiologique des transformations physiques s’observent : la silhouette change.« Des transformations physiques s’observent : la silhouette change. » Les traits perdent de leur finesse, les rides apparaissent, la taille s'épaissit, la poitrine diminue, les organes génitaux internes s'atrophient et la vulve s'assèche. La peau s’amincit et perd de son élasticité du fait de la raréfaction des fibres élastiques et du collagène. On comprend mieux alors pourquoi tant de femmes arrivent à cette période de leur vie déprimées. La ménopause, pour elles, signifie le début du vieillissement.
 
Au niveau du squelette, la ménopause s’accompagne de douleurs ostéoarticulaires fréquentes. Selon les études, 40% des femmes seraient concernées. On sait que la densité osseuse augmente jusqu’à l’âge 35 ans pour ensuite diminuer progressivement. Les os deviennent plus minces, plus poreux et plus fragiles, c’est ce qu’on appelle l’ostéoporose. Ce processus s’accélère à la ménopause car l’estrogène, qui ralentit normalement la perte de la masse osseuse, se retrouve diminué ou absent. La perte osseuse qui peut atteindre 4% par an après la ménopause. L’ostéodensitométrie est l’examen de référence pour évaluer le risque fracturaire. Recommandée chez les femmes à risque d’ostéoporose, elle est maintenant prise en charge par la sécurité sociale dans ce contexte.
 
Parmi les autres troubles, mentionnons également l’incontinence urinaire liée au vieillissement de l’appareil génito-urinaire dû à la réduction des estrogènes qui entraîne l’amincissement de la couche interne (muqueuse) recouvrant la vessie.
 
Les femmes ménopausées risquent également davantage d’avoir une maladie cardiaque. Avant la ménopause, l’organisme de la femme produit l’hormone d’œstrogène qui aide à prévenir les maladies du cœur. Cette hormone contribue au maintien de taux de cholestérol sains. Les risques de maladies cardiovasculaires augmentent lorsque les niveaux d’œstrogène diminuent après la ménopause.
 
Pour les pertes de mémoire, trous de mémoire, la maladie d’Alzheimer ou d’autres démences, il ne fait aucun doute que les niveaux d’œstrogènes d’une personne ont une incidence sur les fonctions du cerveau. Il y a beaucoup de recherches en cours, et beaucoup d’entre elles sont prometteuses.
 
 
Comment traiter tous ces symptômes ?
 
Le traitement hormonal (TH) de la ménopause (THM), longtemps appelé traitement hormonal substitutif (THS), consiste à administrer des estrogènes chez une femme ménopausée dans le but de contrebalancer les effets de la carence estrogénique. Ce traitement censé traiter un grand nombre des symptômes climatériques a été sujet à controverse il y a quelques années et aujourd’hui toujours prescrit en première intention.
Bref rappel historique : à l’été 2002, une étude américaine WHI déclenche la polémique sur le bien-fondé des traitements hormonaux. Ces derniers, étant, entre autres, suspectés d’augmenter les risques de cancer du sein. Depuis, le soufflet est retombé car on s’est rendu que la cohorte des femmes observées étaient composée d’un grand nombre de femmes de plus de 70 ans, souvent obèses. Ce qui fait que les résultats n’étaient donc pas fiables. Le THM a donc été réhabilité. Les différentes études ont montré que :
- Le risque de cancer du sein semble être identique à celui des femmes non traitées si les progestatifs utilisés sont la progestérone et la rétroprogestérone  (dydrogestérone) micronisées. 
- Le risque de cancer de l’utérus n’est pas augmenté sauf si on ne donne pas de progestatif avec les estrogènes.
- Enfin que le risque de phlébite et d’embolies veineuses semble identique à celui des femmes non traitées, même chez les femmes à risque, si l’on prescrit préférentiellement des estrogènes par voie cutané (gel ou patch) associé à n’importe quel progestatif.
Par ailleurs, le THM constitue le traitement de première intention en prévention de l’ostéoporose post-ménopausique. Des essais cliniques ont permis de constater que l'estrogène pouvait accroître rapidement et considérablement la densité minérale osseuse de la hanche et de la colonne vertébrale. Ces augmentations se maintiennent tant que l'hormonothérapie se poursuit. Durant cette période, le taux de fractures diminue considérablement.
Ajoutons que des recherches récentes montrent que les femmes qui ont débuté l’hormonothérapie vers la ménopause peuvent réduire leur risque de maladie du cœur d’environ 40 %, mais les médecins ne recommandent actuellement pas du THM dans ce but seulement. Il semblerait que le type et la voie d’administration joue un rôle dans ce domaine. Apparemment les estrogènes, utilisés par voie orale, auraient plus d’effets délétères sur le système cardiovasculaire que ceux donnés par voie percutanée.  Affaire à suivre.
Enfin, certaines études ont montré une réduction de 20 à 30 % de l’incidence du cancer du côlon. Par contre, le THM est  toujours formellement contre-indiqué en cas de cancer du sein.
Le corps médical rappelle que le soulagement des symptômes de la ménopause constitue l’essentiel d’un THM.  Il est particulièrement efficace contre les bouffées de chaleur.« Le THM est particulièrement efficace contre les bouffées de chaleur. »
Avant de commencer le traitement, il convient d’observer certaines règles. On conseille de commencer le traitement avec la dose la plus faible compatible avec l’effet désiré. Les doses plus importantes étant habituellement nécessaire en cas de ménopause précoce. Pour les femmes de plus de 60 ans, le THM ne doit pas être institué systématiquement chez celles ne présentant pas de symptômes gênants et/ou présentant des risques vasculaires. La sorte d’hormonothérapie et la durée d’administration sont des éléments dont vous devez discuter avec votre médecin en évaluant les bénéfices-risques du traitement. La poursuite du traitement doit être réévaluée annuellement. On l’aura compris, la prise en charge idéale de la ménopause, c’est du sur-mesure, reposant sur une confiance totale entre la patiente et le médecin.
 
Le programme d’hormonothérapie peut comporter l’utilisation de l’œstrogène seule, ou d’une combinaison œstrogène-progestatif, en fonction de ce qui se passe dans la vie et la santé d’une femme. On administre habituellement aux femmes qui ont subi une hystérectomie, par exemple, et qui n’ont pas d’utérus, de l’œstrogène seulement. Les autres qui n’ont pas subi cette chirurgie sont plus susceptibles de se faire prescrire une combinaison œstrogène-progestatif. Le progestatif a l’avantage d’offrir une protection à la paroi de l’utérus contre les cancers de l’endomètre.
 
Parmi les nouveaux traitements qui se profilent à l’horizon, mentionnons, les SERM (selective estrogen receptor modulators), des molécules qui préviennent l’ostéoporose, tout en diminuant les risques de cancers du sein et de l’utérus avec des estrogènes pour effacer les symptômes ainsi que les bisphosphonates. En attendant que l’on parvienne à changer la thérapie génique en permettant aux ovaires de fabriquer leurs hormones (et qui sait leurs ovules) bien au-delà de 50 ans. De grands espoirs se portent sur l’estétrol. Produit uniquement pendant la grossesse par le foie du fœtus, il a été peu étudié jusqu’à présent et son rôle reste inconnu. À l’inverse des œstrogènes classiques, il n’augmenterait pas le risque de thrombose. Combiné avec un progestatif, l’estétrol serait un contraceptif plus sûr mais il pourrait également se révéler précieux après la ménopause.
 
Pour les femmes qui ne peuvent pas prendre d'œstrogène, c’est souvent le parcours du combattant. Toutefois, il existe un éventail de thérapies non hormonales comme les antidépresseurs appelés Inhibiteurs du Réceptage de la Sérotinine-Norépinéphrine (IRSN) ainsi que la gabapentine, la clonidine et le bellergal, pour soulager les bouffées de chaleur allant de modérées à graves. Pour les femmes chez qui la sécheresse vaginale représente le symptôme le plus gênant, il existe des crèmes, des comprimés et des anneaux à base d'œstrogène. L'administration locale de déhydroépiandrostérone (DHEA) ou de testostérone étant encore en cours d'évaluation. Pour celles ayant une diminution de la libido, il est conseillé de parler avec leur médecin des options de traitement qui leur sont offertes.
 
Vous pouvez aussi choisir de vous tourner vers d’autres alternatives thérapeutiques comme la phytothérapie ou l'homéothérapie. Toutefois, aucun produit ne couvre toute la gamme des symptômes liés à la ménopause. La valériane aiderait à diminuer les troubles du sommeil. Le soja aurait un effet bénéfique sur les symptômes les plus fréquents de la ménopause. L'actée à grappes noires (cimicifuga) et le trèfle rouge réduiraient principalement les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes. Une molécule : le raloxiféne donnerait des effets intéressants. Des études sont en cours. Quant aux isoflavones, plus connues sous le nom de phytoestrogènes, elles constitueraient une bonne alternative thérapeutique. Malheureusement, il existe très peu de données scientifiques sur l’efficacité à long terme et la sécurité de ces produits et thérapies. Il est donc judicieux de parler à un professionnel de la santé en qui vous faites confiance pour obtenir des conseils avant de les essayer. L’hypnose, l’acupuncture et le bloc du ganglion stellaire (piqûre dans le cou) sont également efficaces contre certains symptômes vasomoteurs.
 
Un style de vie sain peut également nettement améliorer le bien-être général de la femme et lui permettra de franchir aisément le cap du demi-siècle. Le fait d'avoir une activité physique régulière, une alimentation équilibrée (avec la quantité appropriée de vitamine D et de calcium), de boire beaucoup d’eau, de ne pas fumer et de gérer le stress peut lui permettre de minimiser les symptômes associés à la ménopause et de limiter la prise de poids. Quand bien même celle-ci fait partie du processus de vieillissement normal et n’est pas normalement associée à la ménopause.
 
Quoiqu’il en soit, vous pouvez toujours vous consoler en vous disant que vous n’êtes pas seule à traverser de façon aussi turbulente cette période de votre vie, les hommes, eux, connaissent une sorte de pendant : l’andropause, dont on parle beaucoup moins.
 
Mots clés : ménopause

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