Cancers du sein et du côlon : surpoids, alimentation et sédentarité en cause

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Un excès de poids et la sédentarité favoriseraient l’apparition de cancers du sein et du côlon. Tels sont en tout cas les derniers résultats de l’Etude EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and nutrition) rendus en juin dernier. Les solutions pour mieux se protéger ? Adopter une alimentation équilibrée et pratiquer une activité physique. Le point avec les recommandations de nos spécialistes du Centre international de recherche sur le cancer de Lyon.

Se préserver

L’étude prospective EPIC porte sur une cohorte de 521 000 sujets qui au départ étaient des volontaires sains, en bonne santé, donc non atteints par un cancer. Soit à peu près 60 % de femmes dont l’âge était compris entre 35 et 70 ans. Tous ont été suivis entre six à dix ans. Les résultats montre que la tranche d’âge concernée par le cancer du côlon est de 45 à 75 ans. Et celle concernée par les résultats de l’incidence du cancer du sein est de 40 à 70 ans. « Nous avons recruté des femmes un peu plus jeunes pour avoir un nombre suffisant de cancers du sein et de maladies cardio-vasculaires (diabète, cholestérol). C’est-à-dire que tout ce qui a été mesuré en terme de comportements alimentaires et de modes de vie (facteurs de risque comme l’alimentation, l’activité physique, le tabagisme, l’alcool…) a été mené sur des sujets qui ont une vie tout à fait normale. Ensuite, nous avons mis en place un suivi individuel qui nous permet d’identifier le sujet sur lequel a été diagnostiqué un cancer. Nous comparons alors les caractéristiques de base à l’entrée dans l’étude entre un sujet qui a développé un cancer dans la période de suivi par rapport à celui ou ceux qui n’ont pas eu de cancer. Et on établit des ressemblances et des comparaisons. C’est d’ailleurs de cette façon que l’on peut faire une comparaison statistique des risques entre les gens atteints et ceux qui ne le sont pas et dire, par exemple, que le risque de cancer est élevé chez les personnes qui ne font pas d’activité physique ou celles qui sont obèses (voir explications ci-dessous) », indique le Professeur Elio Riboli, chercheur au Centre international de recherche sur le cancer de Lyon. Dans ces conditions, les femmes âgées et ménopausées présentent de toutes façons plus de risque de contracter un cancer en raison de leur âge.


Activité physique et cancer
Jusque-là, les précédents résultats de l’Etude EPIC avaient montré qu’un régime alimentaire à base de fruits et légumes frais, contenant peu de viande et de charcuterie, peu de sucres, de graisses, en particulier animale, et d’œufs réduisait d’environ 30 % les cancers digestifs (côlon, oesophage et estomac). Les dernières études présentées au congrès médical Eurocancer abordent les notions d’activité physique et les mesures anthropométriques, à savoir le degré d’excès de poids et d’obésité. Globalement, il apparaît que l’activité physique à la maison, au cœur de la vie professionnelle ou des loisirs diminue de 40 % environ les cancers du côlon et de 30 % ceux du sein. Pour l’instant, il est difficile de se prononcer sur les mécanismes à l’origine de cette conséquence. « Mais on envisage des changements hormonaux (hormones sexuelles, hormones métaboliques), des modifications des facteurs de croissance et la possibilité de changements dans la fonction immunitaire, rapporte le Professeur Michel Boiron, Président fondateur d’Eurocancer, de l’Institut de génétique moléculaire.« Deux cancers du sein sur trois apparaissent chez les femmes autour de 50 ans, après la ménopause. » Quelques explications existent cependant sur les mécanismes. « En ce qui concerne le cancer du côlon, on pense que le transit gastro-intestinal pourrait être réduit chez les personnes qui sont très actives. Ce qui laissent donc moins de temps pour les carcinogènes (ou cancérogènes : virus, substances chimiques ou environnementales, radiation qui peuvent provoquer ou favoriser l’apparition ou le risque d’un cancer) qui sont dans l’alimentation de passer dans l’intestin, note Christine Friedenreich, chercheuse au Centre international de recherche sur le cancer de Lyon et de l’Alberta Cancer Board à Calgary au Canada. On sait aussi que les cancers du sein et du côlon sont liés à des hormones produites par le corps lui-même (hormones endogènes et exogènes). Le risque de cancer du sein dépend beaucoup des estrogènes pris lors du traitement hormonal substitutif. Les femmes très actives en ont un niveau plus bas. Une fille qui commence à faire énormément d’activité physique quand elle est jeune voit débuter ses règles plus tard. Elle a d’ailleurs tendance à avoir des règles qui ne produisent pas d’ovules ou de ne pas en avoir du tout. Conclusion : toutes ces observations font remarquer que l’activité physique a quand même un effet sur la fonction reproductive de la femme. Mais on ne connaît pas le niveau d’exercice nécessaire pour qu’elle ait un bénéfice par rapport à son risque de cancer du sein. Du coup, quand une femme est très active, on pense que ses niveaux d’estrogènes sont diminués pour toute sa vie. Ce détail pourrait en effet expliquer l’influence de l’activité physique sur le cancer du sein ».

Poids corporel et cancer

D’autres données avancent que l’excès de poids et l’obésité contribuent à l’apparition des cancers du côlon et du sein, surtout le cancer du sein post-ménopausique. « On sait que l’obésité réduit le risque de cancer avant la ménopause, mais que ce dernier augmente après. Chez les femmes obèses, le traitement hormonal substitutif est une source d’estrogènes supplémentaires à celle produite par les ovaires dans le gras corporel. On pense que cette surproduction après la ménopause peut aussi expliquer l’augmentation du risque de cancer lié à l’obésité, poursuit notre intervenante. Le risque commence avec un indice de masse corporel (IMC) au-dessus de 25. Entre 25 et 30, on parle de surpoids. Au-delà de 30, les femmes sont obèses. Sachant qu’une forte augmentation du poids pendant leur vie hausse le risque de cancer du sein après la ménopause. D’où la nécessité de ne pas faire trop de régime susceptible d’entraîner une variation de poids. Par ailleurs, si les personnes ont un indice de masse corporel en dessous de 25 et si elles sont très actives, elles ont une diminution extrêmement forte de leur risque de cancer du côlon. Et même beaucoup plus forte que si elles étaient actives ou avec un poids normal.

Mots clés : cancer, alimentation

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