Quand la balance devient un poids !

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Lorsque le poids tourne à l’obsession et que l’on ne pense plus qu’à lui, la vie devient un enfer. La balance peut alors devenir un rituel dont on ne peut plus se passer, un véritable trouble obsessionnel compulsif (TOC). Se peser et se contrôler continuellement, sans répit pour vérifier encore et encore que l’on n’a pas pris un gramme, tel est le quotidien de Manuela, que nous avons rencontrée et qui nous livre ici son témoignage. Avec la collaboration de nos spécialistes qui nous expliqueront ce que sont au juste les TOC et comment les soigner.
« La balance, ma meilleure ennemie »

« Les problèmes de poids, je ne connais que ça ! ». Cette phrase est lancée avec tant de naturel par Manuela, petite brunette de 29 ans, que l’on a du mal à croire qu’elle puisse vivre avec le TOC de la balance. Pétillante, enjouée et ne manquant pas d’humour, elle semble tout avoir pour être heureuse. Mère d’une petite fille de 18 mois, elle est mariée à un homme adorable, travaille aux côtés de son père en tant que secrétaire de direction, et aime profiter de la vie, entourée de sa famille et de ses amis. Elle est 100 % naturelle et à l’entendre, elle ne paraît pas complexée. Mais c’est justement parce que les apparences sont parfois trompeuses qu’il ne faut pas s’y fier. Car les problèmes de poids et les complexes, elle les connaît bien pour les avoir côtoyés très tôt. « A 8 ans, j’ai commencé à avoir des problèmes de poids. Mes parents ne les ont pas remarqués tout de suite et n’ont donc pas réagi ». Manuela a également souffert de gros problèmes de poitrine dus à un disfonctionnement des glandes mammaires. Résultat : à 11 ans, elle fait un bonnet 100 D, son premier complexe qui l’amènera à se faire opérer cinq ans plus tard. « Au collège, j’ai continué à grossir ». Bien que sa mère ne cuisine « pas gras », elle est une petite fille comme les autres, qui aime les sucreries et mange parfois en cachette. Pas du tout timide, elle est pourtant très vite complexée par son poids. « Je pesais 75 kilos pour 1m55  lorsque ma mère a décidé de me prendre en main et m’a amenée voir un diététicien ». Celui-ci lui préconise un régime alimentaire équilibré afin qu’elle perde 20 kilos. L’objectif est atteint puisque la fillette affiche 58 kilos en un an. Mais dès qu’arrive la phase de stabilisation, elle replonge et regrossit. A partir de ce moment, Manuela fera le yo-yo en permanence, passant de 58 kilos à 110 kilos, perdant de nouveau 40 kilos et en reprenant 15.

 
« Avant, je me pesais six fois par jour »

Même si sa famille est accroc aux régimes, tout le monde n’est pas confronté au problème de poids. « Ma mère est très mince, ma sœur aussi. Il n’y a que mon père qui doit faire attention ; il est toujours au régime et souvent confronté au phénomène du yo-yo. Mais je l’admire car il fait beaucoup de sport, contrairement à moi, qui l’ai en horreur. Et puis, je l’ai toujours vu emmener sa balance partout ». Justement, la balance, il faut bien en parler et rentrer dans le vif du sujet puisque cet objet est comme son oxygène, une béquille sans laquelle il lui est impossible d’avancer. Ce problème est devenu, au fur et à mesure des jours, un véritable trouble obsessionnel compulsif. Actuellement, Manuela se pèse quatre fois par jour sur ses deux balances. Ce rituel, elle ne peut absolument pas s’en passer. Mais depuis quelques mois, elle dit avoir fait un grand pas en avant. Car il fut un temps où elle se pesait six fois par jour, plus précisément deux fois sur chacune de ses trois balances.
Il faut pourtant remonter dans les souvenirs pour mieux comprendre comment ce TOC s’est déclenché. Au début de sa grossesse, Manuela surveille son poids et se pèse deux fois par jour. La pesée du soir, très importante, s’effectue avant le dîner afin de savoir s’il lui sera possible de faire un repas normal. « Si je ratais la pesée du soir, j’étais persuadée que j’allais prendre du poids le lendemain. Et lors de la pesée, si je constatais que j’avais pris quelques grammes, je consommais juste un yaourt avec de l’eau. Mais si mon poids n’avait pas bougé, je m’accordais un biscuit en dessert ». Jusque là, rien d’anormal pour Manuela. Il faut dire qu’elle a pris cette habitude de ses parents qu’elle voit se peser une fois par jour depuis qu’elle est petite. Elle ne s’inquiète donc pas de cette petite manie qui prend malgré tout de l’ampleur et semble renforcée par l’attitude de son gynécologue qui, très sévère, va presque jusqu’à la sermonner en cas de prise de poids. Au cours des deux derniers mois avant l’accouchement, elle atteint les 98 kilos. « Après la naissance de ma fille, je me suis tellement dégoûtée que j’ai voulu me ressaisir. J’ai décidé de voir un diététicien mais je n’ai pas perdu un gramme, malgré les privations. Je crois que mon corps s’était tellement habitué aux régimes qu’il ne voulait plus rien entendre. J’ai fini par tomber en dépression. Dans le miroir, je voyais pendre de la graisse partout, des cuisses affreuses et de la cellulite sur tout le corps. J’avais honte de me montrer devant mon mari, je ne voulais plus qu’il me regarde et qu’il me touche ». Manuela ne se supporte plus, à tel point qu’elle en vient à ne rêver que d’une chose : devenir anorexique. « Je n’arrêtais pas de pleurer. Et puis un jour, j’ai vu une émission au cours de laquelle des femmes témoignaient de leur opération de gastro-plastie. J’en ai parlé à mon médecin traitant et tout s’est enchaîné ». Manuela est tellement au bout du rouleau, pas loin de porter atteinte à sa vie, qu’elle se dit que cet anneau est sa dernière chance. Après de multiples rendez-vous avec le chirurgien et la psychologue, l’opération lui est accordée.

 
 

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À lire

Les troubles obsessionnels compulsifs, de Marine Bouvard, Editions Masson.

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