Eduquez votre périnée

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Ce muscle caché soutient tous les organes du petit bassin. À l’origine de fuites urinaires lorsqu’il se relâche, et très important pour le plaisir féminin, le périnée mérite toute notre sollicitation.
femme nue

Toutes les femmes connaissent-elles leur périnée et savent-elles le solliciter ? Il semble que oui, selon les résultats de l’enquête Ifop/Tena « Les femmes, le sport et l’incontinence » réalisée auprès de 600 femmes : 83 % d’entre elles déclarent le connaître, soit 87 % parmi les plus de 35 ans et 74 % parmi les moins de 35 ans. Mais dans la réalité, c’est autre chose. « Environ trois femmes sur cinq ignorent où se situe ce muscle. C’est encore trop ! », souligne Sandrine Galliac Alanbari, kinésithérapeute spécialiste de la rééducation du périnée et auteure de « Rééducation périnéale féminine, mode d’emploi » (Ed. Robert Jauze). Et, de surcroît, un réel souci. Si les spécialistes du sujet s’accordent à dire qu’il est important de muscler quotidiennement son périnée, il faut déjà savoir le localiser ! Car ce muscle soutenant tous les organes du petit bassin se commande volontairement. Le hic : certaines femmes ne le situent pas. « Voilà pourquoi il faut les informer et les prendre en charge afin qu’elles prennent conscience de leur corps et de l’existence de cette zone. La prévention est également essentielle et ce, dès le collège où l’on devrait apprendre systématiquement aux jeunes filles ce qu’est le périnée, notamment lorsqu’elles commencent une activité sportive, quelle est sa fonction et comment le muscler », précise la spécialiste.

 
Introspection

Le périnée, c’est ce muscle qui entoure et soutient les organes génitaux externes de la femme, allant du pubis au coccyx et soutenant le méat urinaire, le vagin et l’anus. Lors de l’accouchement, par exemple, il s’ouvre pour laisser passer le bébé. D’où une distension importante qui entraîne son relâchement et des fuites urinaires s’il n’est pas sollicité quotidiennement et rééduqué correctement. De ce fait, il est important de consulter un kinésithérapeute qui établira un bilan avant de décider si la patiente a besoin d’une rééducation périnéale après l’accouchement. Cette rééducation englobe différentes techniques mises à disposition du spécialiste (stimulation électrique, rééducation manuelle…) et panachées pour offrir les meilleurs résultats. Cathy Eveillard, coach fitness à Coach Me, spécialiste de l’entraînement de la femme enceinte et du périnée, confirme l’importance de cette consultation : « je conseille toujours aux femmes que j’entraîne de voir un kiné pour mesurer le degré de contraction et de tonicité de leur périnée ». Bien entendu, il arrive que l’accouchement n’endommage pas ce muscle et que la rééducation soit plus souple. «  30 % des femmes qui ont accouché ne présentent pas de séquelles importantes au niveau du périnée. Elles n’ont donc pas besoin de rééducation périnéale et peuvent passer directement à la rééducation abdominale », note Sandrine Galliac Alanbari. Mais attention, ce renforcement abdominal ne se pratique pas n’importe comment. « La gymnastique suédoise, englobant les fameux exercices de ciseaux, le pédalage, le relevé de buste, est encore pratiquée dans certaines salles de sport alors qu’elle est nocive pour le périnée, prévient la kinésithérapeute. En effet, elle entraîne des contraintes de pressions abdominales. Or, la gymnastique abdominale ne doit pas être génératrice de pressions. Elle reste basée sur un travail musculaire généré par un des muscles abdominaux, le transverse, un travail respiratoire et de rentrée de ventre ». Cathy Eveillard, elle, anime parfois ses cours en montrant des livres d’anatomie aux femmes qu’elle entraîne. Objectif : les aider à visualiser les muscles qu’elles vont solliciter pendant la séance. Elle axe aussi ses exercices sur les sensations et le toucher. « Je leur propose de poser leur main sur le plancher pelvien afin de sentir les contractions. Je peux également leur demander de s’allonger sur le dos, les jambes fléchies et les pieds posés au sol et de chercher à rapprocher le coccyx vers le pubis tout en contractant le périnée et en se concentrant sur cette sensation de contractions d’avant en arrière. Ou encore de rester accroupies et de chercher à remonter l’anus sans contracter les sphincters. Et si les femmes enceintes doivent renforcer leur périnée, elles doivent s’attacher à la décontraction pour assouplir leur périnée, lui permettre de se détendre le jour de l’accouchement et éviter les épisiotomies ».
 

Mots clés : périnée

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